Une agence commune du renseignement
Ces dix dernières années, l’Europe de la défense a progressé bien davantage qu’en un demi-siècle. Toutefois, malgré des avancées récentes, de nombreux chantiers restent à ouvrir. La méthode des coopérations volontaires – sur le modèle de la « coopération structurée permanente » instaurée par le traité de Lisbonne – est particulièrement appropriée en matière de défense, domaine régalien par excellence.
C’est en effet sur la base du volontariat que des Etats devraient se regrouper pour prendre des initiatives concrètes créant une dynamique politique susceptible d’entraîner d’autre pays. Parmi les projets susceptibles d’être menés figure celui de la création d’une agence commune du renseignement.
Alors que le renseignement est d’une importance capitale dans la lutte contre le terrorisme international, cette agence commune permettrait de mutualiser les capacités de renseignement des différents Etats participants et d’organiser le partage des informations satellitaires et des renseignements d’intérêt commun. L’exemple des coopérations réalisées depuis la fin des années 80 entre la France, l’Italie et l’Espagne avec le satellite Hélios souligne la viabilité et l’efficacité de telles coopérations, tant dans le domaine civil que militaire.
La coopération dans le domaine du renseignement pourrait s’inspirer de la Convention Europol, entrée en vigueur en 1998. A l’instar de ce qui existe en matière de coopération policière, les Etats participants pourraient ainsi confier à cette nouvelle agence le mandat suivant :
- faciliter l’échange d’informations ;
- rassembler et analyser les renseignements collectés ;
- communiquer aux services compétents des Etats membres les informations les concernant ;
- gérer des recueils d’informations informatisés
Une agence commune du renseignement favoriserait ainsi une meilleure coordination des services des Etats membres. Elle serait l’enceinte appropriée de réunions thématiques périodiques entre les directeurs nationaux du renseignement.