Des consulats communs dans les pays tiers
La citoyenneté européenne comporte le droit pour chaque citoyen de l’Union, en cas de problème rencontré à l’étranger, de faire appel aux représentations consulaires de tout autre pays de l’Union si le sien n’est pas
représenté.
La représentation diplomatique et consulaire dans les pays tiers est très variable entre les États membres. Il n’y a ainsi que trois pays tiers – les États-Unis, la Russie et la Chine – où les vingt-sept États membres sont représentés. Dans 107 pays, moins de dix pays de l’Union disposent d’une représentation. Dans certains pays tiers, on ne trouve qu'une seule ambassade de l'Union européenne, comme, par exemple, en République Centrafricaine et aux Comores, où seule la France est représentée. Enfin, dans 18 pays, aucun des 27 Etats membres n’est présent.
Dans un contexte de forte contrainte sur les finances publiques, la création de consulats communs à plusieurs pays européens permettrait d’assurer l’effectivité de la protection consulaire des ressortissants européens et de
maintenir ou de créer des implantations dans des régions reculées du globe. La mutualisation vise à garantir l’effectivité de l'assistance aux citoyens et doit permettre d’assurer une présence consulaire suffisante alors que partout, les administrations nationales ferment les postes ou en réduisent les moyens. Il s’agit ainsi de renforcer la protection consulaire, mais aussi de développer des actions communes, en particulier en matière de délivrance des visas et dans le domaine culturel ou de l'enseignement des langues.
La mutualisation peut prendre différentes formes, à commencer par la colocalisation, c’est-à-dire le regroupement, au sein d'un même bâtiment, des agents consulaires de deux ou de plusieurs États. La France mène d’ores et
déjà avec l'Allemagne une étroite coopération dans ce domaine. Des bureaux communs d'ambassade existent ainsi en Bosnie-Herzégovine et au Monténégro, ainsi qu'au Kazakhstan, avec la participation du Royaume-Uni.
Il conviendra bien entendu de s’assurer d’un partage équitable sur le plan financier, afin que le coût de la protection consulaire ne pèse pas uniquement sur les États qui disposent d'un vaste réseau diplomatique et consulaire.